Entrepreneurs Afropéens : quels challenges?

Financer sa croissance, le challenge le plus important à relever pour un entrepreneur afro

Hier, une jeune entrepreneure que je mentore depuis un moment me demandait ce que je trouvais être le plus dur en tant qu’entrepreneure afro en France. Je lui ai demandé ce qu’elle en pensait avant de lui répondre. Ses réponses sont celles que j’ai barrées.

A mes yeux, la plus grande difficulté pour les entrepreneurs et et les entrepreneurs afro en particulier, c’est de financer notre croissance. Non pas que le marché ne soit pas là (et encore, je parlerai plus tard cette mauvaise conception largement répandue du marché afro, cosmétiques en particulier), non pas que les idées manquent, non pas que les talents manquent. Non, ce qui manque, ceux sont des structures alternatives aux banques pour nous aider à nous développer et à consolider nos parts de marché.
Encore une fois, je sais que je parle beaucoup des US ici, mais les évènements de Ferguson m’ont encore une fois confirmés que les américains ont compris une chose que nous avons du mal à intégrer. 1. Le pouvoir de l’argent, 2. la force d’agir positivement d’une seule voix.
« Oh ils considèrent que nous ne sommes rien, mettons nos dollars dans des business de notre communauté, boycottons le black friday »
Des fonds d’investissement communautaires existent (comment croyez vous que toutes ces petites marques de cosmétiques se retrouvent en mass market la même année?).
Les sportifs de haut niveau recyclent les dollars dans leur communauté.
En France, dites moi où sont nos structures? Où est notre argent? Vers qui se tourner? Que font tous ces footballeurs de leurs euros? Dans quels business investissent-ils?
Lors d’un workshop organisé par ma soeur dans le cadre du Sistas Club, j’ai pu discuter de cette thématique avec Paola Audrey de FashizBlack. Un concept génial, 40 000 $ recueillis en crowdfunding, un communauté au top, un magazine qualitatif. Elle nous a raconté comment le tour des business angels et autres capital risqueurs avaient été une tannée et n’avait abouti à rien. Résultat des courses, on stoppe le magazine. Pour en arriver à la conclusion : si j’avais démarré mon business aux US, je n’aurais pas les mêmes problèmes.
Bien évidement, je ne suis pas là pour donner un tableau angélique de la situation aux Etats Unis, loin de là. Je dis juste que cette culture de la rente que j’évoquais dans ce post et cette aversion bien française au risque est un véritable frein à l’emergence d’une classe d’entrepreneurs noirs et jeunes dans ce pays qui démarrent bien souvent sans capitaux importants au départ.
Et vous, selon vous, quelles sont les principales difficultés des entrepreneurs noirs de France?
(Next episode : ca passe ou ca casse ! )

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