Un afro à la crèche? c’est no-no

Il m’a bien fallu une semaine pour trouver les mots justes pour écrire ce billet. La semaine dernière, ma petite princesse avait expérimenté de mettre une partie du contenu de son petit déjeuner dans ses cheveux. Etant donné la masse que cela représente, j’ai saisi l’occasion pour les lâcher, pour une fois, et la laisser arborer un joli afro bouclé pour aller à la crèche. J’en étais d’ailleurs tellement fan que j’ai fait une série de photo que j’ai publié sur mon instagram.

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#curlyfro #frobabies #blackbeauty #melanin #teamnatural

Une photo publiée par Clarisse LIBENE (@clarisselibene) le 18 Avril 2016 à 4h46 PDT

 

Seulement, le soir en allant chercher ma petite princesse, une membre de l’équipe adorable dont je tairais le nom mais qui se reconnaitra car je sais qu’elle lit le blog m’a accueillie en me disant « Bon, ce que j’ai à vous dire ne vas surement pas vous plaire hein »…

Je m’attendais à ce qu’elle me fasse part d’une des choses qui arrivent à la creche, une morsure, une griffure… Mais non. Elle me dit que princesse S. et ses cheveux ont été « l’attraction de la journée ». Que tout ses petits copains ont été attirés par son afro , ont mis la main dedans avec des gestes plus ou moins tendres. Ce qui a bien évidement eu le don d’agacer ma fille qui s’est défendue du haut de ses 80 cm et des poussières.

Sans même réfléchir ou visualiser ma fille entrain de se défendre, je me suis mise à calculer l’heure ou le moment au cours duquel, d’ici le lendemain, j’allais pouvoir lui faire une coiffure qui empêcherait ses copains et copines de mettre les mains dedans. Avec un peu de chances, ma fille s’est réveillée aux aurores ce jour là et j’ai du, malgré moi et à l’encontre de toutes mes convictions et habitudes, la contraindre à lui faire des vanilles dans les pleurs (parce que bien évidement, elle n’en avait pas envie).

Une photo publiée par Clarisse LIBENE (@clarisselibene) le 18 Avril 2016 à 23h53 PDT

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Ce n’est que quelques jours après, en racontant l’histoire à ma soeur et en voyant sa tête baissée et aux bords des larmes que je me suis rendue compte de ce qui venait de se passer. Ma fille venait pour la première fois d’avoir une expérience stigmatisante vis à vis de ses cheveux. Une petite agression qui a duré une journée mais qui explique sans doute pourquoi elle a refusé catégoriquement que j’approche sa tête, mais pour faire le pshittt pshittt qu’elle adore pourtant la plupart du temps.

Nous avons tendance à minimiser l’incidence de ce type d’évènements sur nos enfants. Ou même à se sentir découragées d’avance… « pfff qu’est ce que tu veux faire, c’est comme ça ». A dire aux petites filles de s’endurcir face au regard pas si bienveillant des autres. Faut être forte, ravaler sa blessure et « aller de l’avant ». Je ne me vois pas tenir ce genre de discours à mon bébé pardon… elle a juste un an…

Bien évidement, loin de moi l’idée d’accuser ses petits copains d’être dans une démarche volontaire pour la blesser ou rabaisser son estime. Je me rends juste compte que ces micro-agressions que nous croyons être l’apanage des enfants plus grands, des adolescents ou de notre milieu professionnel peuvent en réalité débuter beaucoup plus tôt, dès les premiers moments de socialisation de l’enfant.

 

Je remercie le ciel d’être tombée sur une personne bienveillante, noire comme nous, avec les cheveux naturels de surcroit qui a pu détecter le malaise. J’ai pu être alertée très tôt et rectifier le tir. Mais imaginez que je la laisse se faire tripoter les cheveux ainsi pendant toute la durée de sa vie en crèche? C’est fou!

Voilà, je voulais juste partager cette expérience avec vous et savoir si de votre côté, vous aviez rencontré le même genre de soucis avec vos enfants (filles ou garçons). N’hésitez pas à en parler et partager vos astuces.

Prenez soin de vous,

Clarisse


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33 thoughts on “Un afro à la crèche? c’est no-no

  1. Oui j’ai connu une expérience similaire. J’ai 2 filles de 8 et 9ans. L’été je lâche leurs cheveux. Un jour deux adolescents se sont moqué d’elles et de leurs cheveux , malheureusement je n’ai pas remarque elles me l’ont dit après. Je leur ai demande si elles avaient bien observé ces garçons, elles m’ont dit oui. Je leur ai ensuite demandé si elles avaient trouve que tout était beau chez eux. Et la elles m’ont détaillé tout ce qu’elles avaient trouve moche. Et je leur ai expliqué que parfois les autres sont méchant juste pour se sentir mieux et que n’était pas très intelligent de leur part de se moquer de petites filles.

    Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Je ne veux pas leur montrer a quel point ça me fait mal que ça leur arrive. Je veux surtout qu’elles comprennent qu’elles n’ont pas a subir les moqueries des autres car elles ne valent pas moins qu’eux. Petit a petit elles prennent confiance en elles et elles aiment leurs cheveux naturels laches ou attaché.

    Voila désolé pour le pave je voulais aussi partager mon expérience.

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  2. Je n’ai pas eu ce souci là car j’ai toujours fait des tresses à ma fille quand elle allait à la crèche et même maintenant qu’elle va à l’école. C’était le papa qui déposait la petite à la crèche, n’étant pas là le matin. Je commençais très tot le travail.

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  3. Bonsoir! Contente de lire ton histoire. Et de voir que je ne suis pas la seule maman a avoir vecu cette situation. Ma fille était chez une (très chouette) assistante maternelle. Et il lui est arrivé exactement la même « mesaventure » …. Sauf qu’elle était déjà un peu plus grande. Selon sa nounou ma fille a passé sa journée à distribuer des baffes à ses camarades de nounou pour qu’ils arrêtent de toucher/tirer ses cheveux. Même si j’étais quand même fière que ma fille se soit défendue, je ne l’ai plus coiffée en afro depuis ce jour.

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  4. Bonjour Clarisse,
    C’est ma première visite ici. Je voudrais témoigner. Ma fille aînée vient d’avoir trois ans. Elle n’est pas allée en crèche. Mais elle a fait une rentrée anticipée en école Maternelle.
    Au début je la coiffait tous les matins comme ma maman faisait avec moi. Le seul souci c’est que j’ai trois enfants. Forcément vu la masse de cheveux ça devenait épuisant et pour elle et pour moi. Elle ne le supportait plus. Et puis à l’école je me suis vite rendu compte que réduire le volume ne résolvait pas le problème. Ma fille se fait quotidiennement décoiffer par les autres enfants. Petits chouchous retirés et volés systématiquement.
    Maintenant je lui fais de petites nattes très fines pour aller à l’école. Ainsi même quand les enfants jouent dans ses cheveux elle reste coiffée et propre… Mais j’enrage. Je ne comprends pas pourquoi les enfants s’amusent à lui tripoter la tête. je n’ose pas me facher ni me plaindre car ils sont petits mais c’est usant et je dois racheter des chouchous à la pelle. Bref oui la stigmatisation commence bien tôt et surtout quel crève coeur de ne pouvoir lui lacher les cheveux :/

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    1. Merci de ta visite et de ton témoignage qui me touche beaucoup. Je pense que lorsqu’elle sera plus grande je vais lui lâcher les cheveux plus souvent. Lorsqu’ils parlent je pense que les mots aident à se « défendre « . As tu essayé de les lui lâcher à l’école? Ça donne quoi? Merci de ta contribution

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  5. Bonjour Clarisse,

    Je vais me permettre de te donner un éclairage différent quant à ce qu’il s’est passé. En effet j’exerce en petite enfance et ce dont tu parles arrive régulièrement et pas nécessairement avec des enfants aux cheveux afros. Les enfants de cet âge-là ne sont pas sur des mécanismes comme la discrimination voire le racisme, ils sont sur l’attrait à la nouveauté. Comme tu l’as dit ta petite fille est constamment tressée de nattes ils ont donc l’habitude de la voir coiffée d’une manière, voyant son petit afro, qui comme nous le savons bien attire aussi les adultes (combien de fois ne m’a t-on pas touché les cheveux sans m’en demander l’autorisation…), seulement pour les adultes c’est carrément différent. Eux, ils savent très bien ce qu’ils font et se l’autorisent. Les enfants sont beaucoup plus instinctifs, à cet âge où au cours des derniers mois certains ont acquis la marche, d’autres babillent voire font de réelles phrases, l’attrait à la nouveauté prime avant tout. Donc je comprends que tu puisses avoir perçu une forme de micro agression, à laquelle ta fille aura sûrement répondu (ils sont souvent rapides pour pousser, pleurer, s’exprimer face à qqch de déplaisant à cet âge) mais je ne crois pas que ce soit une réelle agression. Cet après midi meme, j’étais dans une section de l’âge de ta fille, j’ai une bonne touffe frisée, j’etais assise au niveau des enfants et plusieurs m’ont plus ou moins gentiment touché les cheveux, habituellement ils sont attachés et se rassemblent en petit chignon, ca les a donc bcp intrigués. En tant qu’adulte je peux rapidement m’éloigner d’une main baladeuse, en tant qu’enfant on réagit différemment.
    Voilà tout ça pour te dire de ne pas te prendre la tête et de relativiser la situation, ce n’est rien, c’est aussi aux auxiliaires d’expliquer aux autres enfants que ce sont ses cheveux et qu’elle n’a peut être pas envie qu’on les lui touche. En lui détachant les cheveux de temps en temps, ils s’habitueront et ces comportements diminueront. 😉
    Allez courage pour la suite et ne t’inquiète pas ca a pu te choquer en tant que maman mais ce n’est que peu de choses chez les touts-petits qui sont capables de belles morsures, griffures etc.

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    1. Merci beaucoup Alima pour ton point de vue de professionnelle et cette perspective.
      La petite puce s’est défendue et j’en suis heureuse. La seule raison pour laquelle j’ai décidé de ne plus la laisser en afro est que je ne voulais pas qu’elle ressente la différence avec les autres et surtout qu’elle associe ses cheveux à un problème.
      Je relativise beaucoup bien évidement et remercie encore les auxiliaires pour leur pédagogie et leur patience avec les autres enfants.

      Je suis tout à fait consciente que c’est en faisant en sorte que sa coiffure soit une habitude que ses cheveux ne seront plus une attraction. Mais le faire au dépens d’un bébé d’un an et bousiller tout le travail fait pour qu’elle aime ses cheveux, qu’elle n’aie pas mal quand on la coiffe…. Je ne suis pas encore prête. …

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      1. Oui je comprends très bien ce que tu veux dire, mais même si elle est agacée par les autres enfants je ne pense pas qu’elle va mentaliser ca comme un problème lié à ses propres ceux parce qu’ils sont différents pour le moment elle est trop petite encore. A un an lui faire aimer ses cheveux c’est tres beau mais malheureusement utopiste, meme les enfants aux cheveux lisses n’ont pas envie de se coiffer, je crois bien qu’à cet âge là on a juste envie qu’on nous laisse tranquille. Même si bien sûr laisser un afro tranquille ca aussi cest utopique 😂
        Je compatis à fond! Peut être qu’en lui faisant de temps à autre des couettes ça les habituerait à plus voir la texture ce qui désarmorcerait le côté nouveauté 🙂
        Et puis la dernière fois elle devait juste en avoir marre qu’on tripote ses cheveux toute la journée et meme par maman le soir, bien que je comprenne ton désarroi…. Courage ! Dans quelques années elle aura sûrement un magnifique afro vu les prémisses !

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  6. Bonsoir ,
    Ma fille est allée en crèche mais je n’ai pas rencontré ce soucis la . au début ses cheveux étaient lâchés mais bcq moins longs que maintenant mais ça n’a pas posé de problème particulier. Après je comprend le ressenti mais ce sont des enfants et comme tout passe par le toucher donc les mains et la bouche cela n’a rien d’étonnant. Maintenant ( au risque de m’attirer les foudres de tout le monde ), je trouve que parler d’agression c’est un peu fort. Mais je comprend .

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  7. Bonsoir Clarisse,
    Tout comme coincoin je decouvre ce soir ton blog que je vais suivre je le sens.
    Mon fils est métisse alors que je suis une mman aux cheveux très raides et très lisses et dont le seul but a longtemps été d’obtenir du volume.
    M’occuper et prendre soin de ses cheveux était l’inconnu pour moi et m’a poussé à me renseigner, je commence à être bien opérationnelle sur notre routine et ses cheveux sont magnifiques, il arbore une superbe afro. Il est en crèche depuis trois ans et n’a jamais eu de souci ou de remarque. Je veux absolument essayer de lui transmettre l’amour et la fierté de son cheveu, de son identité et de ce qu’il est.
    J’imagine votre sentiment de ne pas pouvoir coiffer vos enfants comme vous lz souhaitez…

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  8. La nounou de ma fille métisse a passé les 3 années où elle l a gardé, à la protéger pour que les autres enfants ne lui tirent pas les cheveux. C’est normal que les petits soient attirés mais ils manquent souvent de délicatesse et ça lui faisait très mal.

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  9. Merci d’avoir partagé cette mésaventure. Peu de gens sont conscients que les micro-agressions commencent très tôt, comme vous l’avez si bien mentionné dans votre billet. Il est difficile d’insuffler l’estime de soi à un enfant qui est stigmatisé dès qu’il quitte la cellule familiale.
    Concernant la-main-dans-les-cheveux, je viens tout juste de lire un livre jeunesse où ce geste est non seulement banalisé, mais aussi encouragé. 😦 C’est ici: https://mistikrak.wordpress.com/2016/04/25/a-la-ferme-le-mouton-un-peu-different/
    J’utilise beaucoup la littérature jeunesse pour favoriser le développement global des enfants. Mais parfois, je tombe sur des livres jeunesse peu recommandés!
    En tout cas, merci pour ce billet. Je m’abonne!

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    1. Merci pour ton témoignage et pour ton blog que je découvre et auquel je vais bien évidement m’abonner.
      Mon premier enfant a bientot 9 ans et je suis plus que vigilante sur les livres que nous lisons ensemble. Les messages peuvent parfois subtilement poser problème comme tu l’as si bien signifié pour le mouton noir.
      Bon dans le cas d’espèce, la petite est dans un environnement très mutli-ethnique, il n’y a pas du tout de question de couleur de peau 😉
      Comme je le dis, la seule chose qui m’importe, c’est qu’elle n’associe pas ses cheveux à une source de problème!
      Peace up

      Clarisse

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  10. Ca me fait penser à une anecdote ton article. Ayant vécu quelques temps au Sénégal entre autre, et au village avant tout, mes cheveux étaient l’attraction des petites filles. Tentatives de tressages & co, tirages à gogo, et, oui, parfois ça me saoulait après m’avoir amusé. Mais ce n’était pas méchant, c’était juste de la curiosité face à une nouveauté. Du coup, j’aurai tendance à rejoindre la vision d’Alima, car ce ne sont que des enfants… Des « decouvrent tout » ! Et je trouve dommage de n’avoir laissé ta fille coiffée en afro qu’une seule fois in fine. Ces camarades se seraient surement habitué au fur et à mesure, car il n’y aurait plus de nouveauté. Entre adultes, oui, ca n’aurait pas le même sens, mais ce serait risqué que de transposer la vision et le regard d’adulte envers des tout petits… Après c’est sur, se faire tripoter les cheveux même sans arrière pensée c’est relou, et je m’en souviens bien. C’est finalement à l’éducateur/trice de modérer les enfants, de leur expliquer qu’on ne s’amuse pas à toucher le corps d’autrui, et non à ta fille de sacrifier son afro pour éviter ceci.
    Tu penses retenter ?

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  11. Bonjour Clarisse,
    je rejoins totalement Alima et Bounty Caramel.
    Tout ce qui est inhabituel ou nouveau attire, qui plus est chez les touts petits.
    Pourquoi empêcher ce lâcher de cheveux jusqu’à ce que tous s’habituent et ainsi priver cette petite de sa liberté capillaire ? N’est-ce pas là un des moments de construction forts de l’enfant qui doit se frotter et trouver SA place en collectivité avec tout ce qu’il possède ? Je trouve qu’il est dommage de brimer presque punir les uns et les autres de nos différences qui, à force d’être décodées dès l’enfance, ne seront plus que banalité plus tard et joie de ce vivre ensemble tant recherché. Ma fillette de 8 ans a des cheveux crépus, fournis et très longs. Je l’ai toujours coiffé en tresses, boudins, mille pattes, vanilles; ses camarades s’y sont faits. Elle n’a jamais rencontré de problème qu’elle n’a pas su gérer petite ou avec l’aide des encadrants. Svp, ne l’enfermer pas dans des interdits qui n’auront pour but final que de nourrir des différences insurmontables quand elle sera plus grande. Permettez-lui, permettez leurs cette Liberté d’esprit pour ce Savoir vivre ensemble que nos générations n’ont pu trouver. Merci grandement.

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    1. Bonjour Nathalie
      Je comprends tout à fait votre point de vue que je partage en partie. A mon sens il est juste trop tôt car si malaise il y a, ce qui peut arriver, elle ne sera pas à même de le verbaliser.
      Et encore une fois, elle a à peine un an, elle aura le temps de se construire son identité en collectivité à la maternelle en primaire… j’ai juste envie de la protéger, j’estime que c’est mon rôle de maman.
      Sa construction identitaire ne se fera que mieux si elle se sent complètement sécurisée. Je ne veux pas qu’elle associe ses cheveux à un problème.

      Comme je le disais plus haut oui on doit banaliser et cela passe par laisser les enfants le droit à la découverte. Mais doit on le faire au détriment des autres? Je ne le pense pas. C’est un travail qui devrait être commun à tous, pas seulement dans un sens.
      Pour l’instant on y est pas encore

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  12. Ton billet est vraiment touchant et ta fille est trop mimi. J’ai une fille aussi (plus âgée que la tienne) et les micro agressions de ce type sont courantes pour elle aussi. À tel point qu’elle refuse carrément certaines coiffures pour aller à l’école. C’est la solution qu’elle a trouvé pour avoir la paix car elle en avait assez de leur expliquer. J’ai essayé d’en parler aux encadrants mais j’ai eu droit à : » ce sont juste des enfants ce n’est pas bien grave c’est leur manière de lui montrer qu’ils l’apprécient, elle est tellement belle…. »
    En tant que maman je me sens vraiment impuissante face à ce genre de choses et ça me brise le coeur.
    Pleins de pensées positives à ta fille et toi.

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  13. Bonjour,
    Je suis maman d’un petit garçon métisse qui a de magnifique cheveux bouclés. Ce n’est pas afro, c’est bouclé serré. Jusqu’à ce qu’il ait 3 ou 4 ans je crois, il a gardé les cheveux longs. Il a constamment été touché par… les adultes… Chaque fois qu’un adulte passait près de lui, il lui caressait inévitablement les cheveux avec comme excuse « qu’il est bien mignon »…
    Mon fils a depuis horreur d’être touché et je suis bien souvent passée pour une harpie parce que je le retirais des doigts avides des inconnus…
    Depuis environ 2 ans, il a souhaité se faire pousser les cheveux (comme Raiponce…mais c’est un autre débat… ) Aujourd’hui il a les cheveux qui lui arrivent aux épaules, il se fait régulièrement traiter de fille, ou les adultes le prennent pour une fille.
    Il assume son choix de cheveux longs, en dépit de ce que ça implique pour lui, il sait qu’il peut à tout moment aller chez le coiffeur pour tout faire couper, mais il refuse, il aime son image telle qu’elle est, quand bien même il se fait traiter de fille par les autres enfants.
    Ce que je trouve agaçant, c’est que d’une part les adultes se permettent de toucher les enfants sans leur consentement (je lui ai d’ailleurs bien expliqué qu’il était en droit de refuser parce que c’était son corps) et aussi qu’ils ne prennent pas au sérieux son agacement.

    Mais tout comme toi, je suis fière de lui, fière qu’il assume ses cheveux longs, quoi qu’en disent les autres (adultes/enfants) et je suis heureuse qu’il se sente beau et bien dans ses baskets!

    Quand il est né j’étais soulagée de ne pas avoir de fille pour gérer les coiffures du matin… ben loupé! je gère sa magnifique chevelure malgré tout! 🙂

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  14. Je découvre votre site… Votre article au titre accrocheur m’a interpellé.
    Enfant j’arboré l’afro… C’est au collège que j’en ai le plus souffert au point de faire des defrisages à répétition y
    comprit des coupes à la garçonne…je comprends le postulat de la nouveauté, je comprends un peu moins l’attitude « bienveillante  » du personnel de là crèche qui vous alerte sur la coiffure…mais Quid sur leurs interventions…ce que je ne comprend pas c’est que vous avez cédé aux injonctions pour arrêter les agressions…pour protéger votre petit bout… Je suis de là première génération des métis en France…je regrette toujours de voir qu’en 50 ans rien ne change… Je suis triste de lire tout cela, j’ai de là peine à voir les manipulations mentales qui participent à vouloir nous faire porter un uniforme…
    Battez vous, osez revendiquer votre, notre différence… La peur n’évite pas le danger… Vous protegerez votre jolie poupée en lui apprenant à s’imposer…fusse par un peu d’agressivité.

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    1. Bonjour merci pour votre message et votre témoignage.
      Vous venez de découvrir mon site et je vous invite à le lire pour que vous en sachiez plus sur moi et mon parcours. Je me bats depuis des années et je pense avoir beaucoup oeuvré dans le sens de l’acceptation de notre beauté. Seulement, je laisserai ma fille choisir ses propres combats. Encore une fois, elle n’a que un an….

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  15. Bonjour,
    Je découvre aussi le blog et comme par hasard je tombe sur cet article. Je vous remercie pour le partage de cette expérience. Je suis touchée par votre réaction et je la comprend totalement car c’était pour protéger votre bb. Je comprend d’autant plus que moi même étant maman d’une petite fille de 6 ans. La semaine dernière j’ai enfin accepté qu’elle aille à l’école en afro et ca a été une petite fierté pour moi parce que je la sentait prête. Je suis au Sénégal et même (pour ne pas dire Surtout) en Afrique avoir un afro peut être mal vue! Je mets un point d’honneur à ce que ma fille apprenne à connaitre,à s’occuper et à aimer ses cheveux( j’ai fait un retour au naturel après sa naissance). Je pense avoir fait un boulot pas trop mal pour l’instant car elle a su gérer les remarques et ce qui est magnifique c’est qu’elle me dit en rentrant: « Oh elles sont trop jalouses maman » lool . J’ai trouvé ca super! Tout ca pour dire qu’on a un rôle super important mais que très tôt ces petites chipies pourront faire face.

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  16. Avez vous demandé à la crèche pourquoi ils n’ont pas repoussé les autres enfants ? Je ne comprends pas trop la fuite utilisée face à la situation.

    Je m’explique :

    Les parents enlèvent-ils aux enfants leurs oreilles et leur nez quand les autres enfants tirent dessus ? Ou les encadrant initient à la pédagogie en répétant et repoussant inlassablement les enfants qui empiètent sur le corps d’autrui ?

    Un enfant a le droit d’avoir ses cheveux au vent. C’est aux encadrants de faire respecter les limites, pas aux parents de coller les cheveux sur le crane de leurs enfants. J’insiste : comment les encadrants font-ils quand les enfants tirent sur un membre ou un organe d’un autre enfant ?

    Je serai curieux sinon de savoir de quelle crèche il s’agit pour aller leur poser la question sur leurs méthodes pour les autres « agressions entre enfants ». Il me semble que tu t’es laissée entrainer par le renoncement de l’encadrante, qui doit prendre l’habitude de protéger les cheveux de ton enfant.

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  17. Bonjour,
    Je suis blanche avec les cheveux très lisse donc je n’ai jamais eu à subir ce genre de choses, j’espère ne pas être complètement à côté de la plaque!
    Une question me vient à l’esprit en lisant votre récit: l’équipe pédagogique a-t-elle pensé à ou a-t-elle demandé aux parents de signifier aux enfants, de manière adaptée à leur âge, la notion de consentement et le fait qu’on ne touche pas quelqu’un qui ne le veut pas?
    A cet âge ils recommenceraient sans doute, mais l’occasion est bonne pour poser les premiers jalons d’un concept primordial pour la vie en société (et leur propre intégrité d’ailleurs), et il me semble qu’il serait injuste que votre fille et vous soient les seules à vous adapter à la situation et que les autres enfants soient confortés dans l’impression que leur attitude est normale, ce qui à mon sens peut d’ailleurs expliquer en partie les gestes déplacés des adultes plus tard.

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    1. Bonjour Jesagrey,
      Merci pour votre commentaire.
      Je suis entièrement d’accord avec vous et je tiens à vous rassurer sur le fait que l’équipe pédagogique a très bien fait son travail.
      Les enfants, comme pour n’importe quel cas de non respect du corps de l’autre ont bien été signifiés que cela ne se faisait pas.
      J’ai encore une fois entièrement confiance en l’équipe pédagogique qui s’occupe de ma fille, passe beaucoup de temps à la crèche et ne me fais aucun doute sur les apprentissages. Sinon, je ne leur en aurait pas confié la garde et elle serait avec moi toute la journée.

      Je n’ai même pas eu besoin de demander au personnel encadrant ce qui a été fait pour reprendre les autres enfants. Ils me l’ont dit en décrivant le fil de la journée. C’est leur rôle de s’assurer que les enfants se respectent les uns et autres et cela fait partie intégrante du projet pédagogique de la crèche.

      En même temps, comme beaucoup de témoignages l’ont signifiés et vous même, à cet age, il est difficile de faire passer le message éducatif et d’avoir un résultat immédiat. « On pose les premiers jalons » comme vous le dites vous même, mais les acquis arrivent bien plus tard. On peut d’ailleurs dire qu’ils n’arrivent réellement qu’à l’âge adulte, et encore. Je vous invite à regarder le documentaire « You can touch my hair » où vous verrez de nombreux témoignages de personnes adultes se faisant toucher les cheveux par d’autres adultes sous prétexte de curiosité.

      Ce n’était pas la première fois que ma fille portait ses cheveux en afro libre à la crèche.Seulement, c’est la première fois qu’elle a manifesté clairement son « dépassement » par la situation. De même que l’équipe encadrante. On éduque pas un enfant avec des résultats visibles du jour au lendemain. Donc pendant le temps où les enfants acquièrent cette notion si importante que le respect de l’autre, qu’est ce qu’on fait?
      On laisse son enfant se laisser tripoter les cheveux contre son gré? Se faire manquer de respect ? Ou on attend que les autres fassent le travail d’éduquer leurs enfants correctement? Que les enfants assimilent cette notion si difficile que le respect de l’autre? Et on doit attendre jusqu’à quand?

      A mon sens, ma fille n’est pas « pénalisée ». Elle ne manifeste pas à son âge l’envie d’être coiffée d’une manière ou d’une autre. La seule chose qu’elle a exprimé c’est son refus d’être embêtée par ses camarades de crèche, à sa manière. Cela, l’équipe l’a entendue, je l’ai entendue. Et je fais en sorte que cela ne se reproduise plus. Je suis concentrée sur elle, pas sur le reste, pas sur la crèche, pas sur les autres enfants. La seule chose qui me tient à coeur et qui m’importe, c’est mon enfant et ses besoins.

      Encore une fois, c’est une décision temporaire. J’attends qu’elle soit à même de s’exprimer autrement que par des coups et des morsures (c’est à dire de manière violente à mon sens) pour que ses camarades respectent son intégrité physique.
      Mon rôle n’est pas de m’assurer que les enfants des autres soient bien éduqués, je n’ai pas de contrôle dessus. La seule chose que je peux faire, c’est m’assurer que ma fille aille bien, et qu’elle n’assimile pas ses cheveux à un problème, chose qui risque d’arriver si je dois attendre que l’apprentissage soit assimilé.

      Merci en tous cas pour votre commentaire et peut être à bientôt sur le blog!
      Clarisse

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  18. Je partage tout à fait l’avis d’Alima, Les jeunes enfants sont intrigués par ce qui est nouveau et tout passe par le toucher à cet âge. Les cheveux de ta fille ont intrigué, je ne le vois pas comme une agression notamment à caractère raciste, mais je peux comprendre qu’elle se soit sentie agressée par le toucher des autres enfants alors qu’elle voulait faire ses activités tranquillement. J’ai moi-même les cheveux très crépus alors que je suis blanche et j’ai subi un certain nombre de remarques volontaires ou non que mes amis aux cheveux afro n’avaient pas. C’est ce qui inhabituel qui entraîne cela. Je pense qu’après quelques jours, ta fille aurait cessé d’être l’attraction, d’autant plus que les professionnels de la crêche semblaient comprendre la situation et faisaient en sorte de la gérer. Mais c’est vrai qu’à cet âge on s’exprime comme on peut et qu’elle ait montré son désaccord de cette façon ne me choque pas non plus.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire.
      A quel moment ai je parlé d’agression à caractère raciste?
      Je n’ai jamais évoqué dans le post une quelconque composition ethnique des enfants. Je ne peux croire que des bébés d’un an soient racistes non plus, rassurez vous…

      Je n’ai aucune idée du temps que cela aurait pris pour que les autres enfants s’habituent à ses cheveux. Mais je peux vous assurer qu’il suffit de peu pour changer votre rapport à vous même. Je n’ai pas envie de prendre ce risque pour m’assurer de la bonne éducation des autres. Qu’ils trouvent un autre moyen de découvrir le cheveu crépu. …

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